Tu as élevé la fille de ton frère

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浪漫-Romance现实主义-Realistic狼人-Werewolf校园-School重生-Reborn

Mon mari, Bertrand, avait trop peu de spermatozoïdes. Nous avions donc décidé de recourir à une FIV. Avant la fécondation, je l’avais surpris en train de remplacer mes ovocytes par ceux de son premier amour, Géraldine. Je n’avais rien dit. J’avais simplement fait remettre les miens. Et, tant que j’y étais, j’avais demandé au médecin de remplacer le sperme de Bertrand par celui de mon ex, Adrien. Vingt-cinq ans plus tard, Géraldine avait débarqué chez moi et s’était jetée sur ma fille en pleurant à chaudes larmes. « Je suis ta vraie mère ! » avait-elle sangloté. Ma fille, Pauline, et moi rentrions tout juste d’un déplacement professionnel à l’étranger dans le secteur médical. À peine avions-nous franchi la porte que nous nous sommes figées. Le salon était bondé. Des proches que nous n’avions pas vus depuis des années étaient tous réunis là. Le genre à ne sortir de leur trou que lorsqu’ils avaient besoin d’argent. À les voir, on aurait cru que quelqu’un était mort. Mais le spectacle le plus ridicule se trouvait au beau milieu du canapé : Géraldine pleurait avec force démonstrations. Bertrand, ce pitoyable mari qui ne rentrait presque jamais, la tenait dans ses bras et lui murmurait des mots doux pour la consoler. J’ai haussé un sourcil, poussé ma valise sur le côté et regardé Bertrand. « Qu’est-ce qu’on fête aujourd’hui ? Pourquoi tout le monde est là ? » Derrière moi, Pauline a croisé les bras. Le visage fermé, elle fixait Géraldine avec un profond dégoût. Elle se doutait déjà très bien de l’identité de cette femme. Ma belle-mère, Béatrice, occupait le fauteuil principal. Elle avait l’air tendue, comme si elle voulait parler, mais se retenait. Avant même que Bertrand ouvre la bouche, Géraldine a bondi du canapé et s’est précipitée sur Pauline, le visage ruisselant de larmes. « Je suis ta vraie mère ! » s’est-elle écriée. Pauline l’a esquivée sans effort. Elle a froncé les sourcils avec dégoût, comme si Géraldine n’était qu’une ordure. Elle a reculé d’un pas et déclaré froidement : « Ma mère s’appelle Angèle. » Ma fille faisait vraiment ma fierté. Je lui ai serré la main en lui adressant un regard rassurant. Puis j’ai levé la main et giflé Géraldine en plein visage. Le claquement a résonné dans le salon silencieux. « Surveille ce que tu dis », ai-je lancé d’une voix glaciale. Bertrand a bondi et s’est empressé de soutenir Géraldine. Il a pointé sur moi un doigt tremblant et rugi : « Angèle, tu es folle ? Comment oses-tu frapper Géraldine ! » Il a levé la main pour me menacer. Pauline a été plus rapide. Elle s’est interposée et lui a asséné une gifle avant même qu’il comprenne ce qui lui arrivait. « Ne t’avise pas de toucher à ma mère. » Elle n’avait pas haussé la voix, mais son autorité avait quelque chose de terrifiant. Bertrand est resté pétrifié, stupéfait et furieux. Puis il a levé la main sur Pauline. Géraldine lui a aussitôt agrippé le bras en versant des larmes de crocodile. « Bertrand, non ! C’est notre fille ! » Son numéro de « mère aimante » me donnait envie de vomir. Bertrand a baissé la main en fusillant Pauline du regard. « Sans ta vraie mère, je t’aurais donné une bonne leçon aujourd’hui ! » Pauline a laissé échapper un rire glacial. « Ah oui ? Vas-y, pour voir. » Ce regard acéré, cette combativité… C’était exactement moi, plus jeune. Une bouffée de fierté m’a envahie. C’était bien ma fille.L’un des doyens de la famille s’est raclé la gorge pour tenter de ramener l’ordre. « Un peu de silence ! » a-t-il tonné. Le calme est progressivement revenu et tous les regards se sont tournés vers lui. Il a regardé Bertrand. « Bertrand, c’est toi qui as organisé cette réunion de famille. De quoi s’agit-il ? » Bertrand a pris une profonde inspiration pour se donner du courage. Il a passé un bras autour des épaules de Géraldine, jouant les amoureux dévoués. « J’ai une annonce importante à faire aujourd’hui. » Il a marqué une pause et balayé l’assemblée du regard avant de poser les yeux sur Pauline et moi. Je l’observais sans rien dire, curieuse de voir quel numéro il allait nous servir. « Pauline… n’est pas la fille biologique d’Angèle. » Il n’avait pas parlé fort, mais ses paroles ont fait l’effet d’une bombe dans le salon. Pauline s’est brusquement tournée vers moi, les yeux écarquillés. Je lui ai fait signe de rester calme. Les proches ont aussitôt commencé à chuchoter. On aurait dit un banc de piranhas flairant le sang. « Il y a vingt-cinq ans, quand nous avons eu recours à la FIV… » Bertrand s’est interrompu, comme si le sujet était douloureux. « Le médecin nous a dit que les ovocytes d’Angèle étaient de très mauvaise qualité. » « Pour lui épargner la douleur de ne jamais devenir mère, je les ai secrètement remplacés par ceux de Géraldine… » Quelle blague. Ce minable avait commis une fraude médicale et tentait maintenant de se faire passer pour un saint en me traînant dans la boue ! Bertrand m’a lancé un regard mauvais. Il attendait visiblement que je perde les pédales et me mette à hurler. Mais je suis restée parfaitement calme. Il n’a eu d’autre choix que de poursuivre son numéro. « Je vous ai tous réunis aujourd’hui pour que vous soyez témoins… » Il a plongé les yeux dans ceux de Géraldine. « … du moment où Pauline reconnaîtra enfin sa mère biologique. » Le salon s’est embrasé. « Si Pauline n’est pas la fille d’Angèle, elle doit reconnaître sa vraie mère ! » « Exactement ! Angèle ne pouvait même pas avoir d’enfant, mais elle s’accroche au nom des Delcourt depuis toutes ces années ! » « Ça fait des décennies qu’elle contrôle les actifs du groupe Delcourt. » « Maintenant qu’on connaît la vérité, elle devrait quitter le conseil d’administration sur-le-champ ! » Leurs bavardages ne m’inspiraient qu’un profond amusement. Au fil des années, j’avais écarté tous ces proches cupides de la direction du groupe. Ils devaient se contenter de leurs dividendes annuels, et ils me détestaient pour ça. À présent, ils jubilaient à l’idée de voir Bertrand me faire tomber. Ils n’auraient plus qu’à se jeter sur les morceaux de l’entreprise. Pauline a vu la cupidité dans leurs yeux et resserré sa main sur la mienne. J’ai pris la parole. « J’ai mis Pauline au monde. C’est ma fille, et elle le restera toujours. » Ma voix était basse, mais elle a imposé le silence. Géraldine a pris un air éploré et impuissant. « Tu comptes te voiler la face encore longtemps, Angèle ? »Je ne me voilais pas la face. Pauline était bel et bien ma fille biologique. Bertrand et Géraldine croyaient-ils vraiment m’avoir dupée ? Vingt-cinq ans plus tôt, Bertrand avait trop peu de spermatozoïdes. Nous avions décidé de tenter une FIV. Avant la fécondation, je l’avais surpris avec une infirmière corrompue en train de manipuler les échantillons à l’endroit où étaient conservés mes ovocytes. Je l’avais même entendu appeler Géraldine, tout excité, pour lui annoncer que ses ovocytes avaient bien remplacé les miens. Je n’avais pas fait de scène. J’avais simplement donné un million d’euros au médecin, en toute discrétion, pour qu’il remette mes véritables ovocytes à leur place. Et, en guise de petit « cadeau », je lui avais demandé de remplacer le sperme de Bertrand par celui de mon ex, Adrien. Le jour de la fécondation, Bertrand et moi avions assisté ensemble au « miracle ». Il rayonnait de bonheur, persuadé que cet enfant serait le sien et celui de Géraldine. Je me souvenais encore de son sourire idiot. Intérieurement, j’en riais à m’en étouffer. Pendant vingt-cinq ans, je l’avais regardé couvrir Pauline d’attentions, tel un clown persuadé d’élever l’enfant rêvé avec sa maîtresse. Je ne m’étais jamais autant divertie. Bertrand m’a arrachée à mes souvenirs avec un rictus méprisant. « Tu peux nier autant que tu veux, Angèle. Pauline est peut-être sortie de ton ventre, mais ce n’étaient pas tes ovocytes ! » « Sa mère biologique, c’est Géraldine. » J’ai répondu d’un ton neutre : « Tu rêves ou quoi ? » « Si tu ne me crois pas, on peut faire un test ADN tout de suite ! » a-t-il rétorqué. « Et je divorce ! » « On m’a forcé à t’épouser. J’ai passé vingt-cinq ans avec toi, j’en ai fait bien assez pour toi ! » Une joie éclatante a traversé son visage à l’annonce du divorce. Il attendait ce moment depuis très longtemps. Il en avait fait « bien assez » pour moi ? J’avais été mariée à cet homme pendant vingt-cinq ans, et pendant vingt-cinq ans, j’avais vécu comme une veuve. Pendant que j’élevais seule notre enfant, il passait des nuits romantiques avec Géraldine. Pendant que je m’épuisais à maintenir le groupe Delcourt à flot, il dilapidait l’argent de la famille en boîte de nuit. Mais il se trompait sur un point. Je ne l’avais épousé que pour porter le nom des Delcourt et prendre les commandes de leur empire. Désormais, le groupe était entièrement sous mon contrôle. Bertrand ne m’était officiellement plus d’aucune utilité. « Va pour le divorce », ai-je répondu en haussant les épaules. « Mais le test ADN est inutile. Je suis certaine à cent pour cent que Pauline est ma fille. » Pauline m’a regardée avec assurance. « Je te crois, maman. » Bertrand et Géraldine ont paniqué. « Pauline, tu ne crois pas ton propre père ? » Elle l’a ignoré et est restée tout contre moi. À cet instant, un jeune homme qui devait avoir l’âge d’un étudiant a fait irruption par la porte d’entrée. Il a foncé droit vers Pauline et s’est écrié avec enthousiasme : « Pauline ! » Tout le monde s’est figé.En voyant la ressemblance frappante du garçon avec Géraldine, j’ai immédiatement compris qui il était. Ce ne pouvait être que le fils caché de Bertrand et de sa maîtresse. Ils l’avaient bien dissimulé. Pendant plus de vingt ans, je n’avais jamais soupçonné son existence. Ce spectacle devenait encore plus intéressant que prévu. Depuis son fauteuil, Béatrice a posé sur lui un regard froid et autoritaire. « Bertrand, qu’est-ce que ça signifie ? » L’atmosphère est devenue glaciale. Le garçon avait les yeux rouges. Il semblait sur le point de pleurer. « Pauline, je m’appelle Maxime. Je… J’ai toujours su que tu existais. » Il bégayait légèrement, la voix tremblante. Il m’a jeté un regard craintif avant de baisser aussitôt les yeux, comme si je le terrifiais. « Ma mère… elle me parlait tout le temps de toi. Elle disait que tu étais si intelligente, si belle… » Comme à un signal, Géraldine s’est mise à sangloter dans son mouchoir. « Pauline, tu m’as tellement manqué pendant toutes ces années… » Elle a relevé ses yeux pleins de larmes, parfaite dans son rôle de victime. « À Maxime aussi… tu lui as manqué. On venait parfois t’observer de loin, juste pour t’apercevoir… » Maxime a vivement hoché la tête, pressé de confirmer. « C’est vrai ! Pauline, j’ai même changé d’université pour te rejoindre, juste pour… pour me rapprocher de toi… » Il a sorti de sa poche une épaisse liasse de photos qu’il a tendue à Pauline. « Ce sont des photos de toi. Je… Je les ai prises en cachette… » Pauline les a prises et les a parcourues. Sur certaines, elle portait sa toge de remise des diplômes et riait avec ses amis. Sur d’autres, elle avait l’air épuisée après un cours de danse. On la voyait aussi débattre avec passion dans un amphithéâtre. Pauline en a eu la chair de poule. Comprendre qu’un voyeur l’observait et la photographiait depuis des années lui donnait la nausée. Bertrand n’a pas perdu une seconde. Il s’est placé devant Béatrice et a désigné Maxime. « Maman, voilà un véritable petit-fils Delcourt ! » « Devant toute la famille réunie aujourd’hui, je t’en prie… accepte-le parmi nous ! » Bertrand se croyait malin. Il savait que depuis la mort de son père, c’était Béatrice qui détenait le véritable pouvoir au sein de la famille. En invitant tous les proches, il cherchait à lui forcer la main. Il était persuadé que si Béatrice acceptait Maxime, je ne pourrais rien y redire. Après tout, pendant vingt-cinq ans, il m’avait vue traiter sa mère avec un respect et une docilité sans faille. Maxime a aussitôt saisi l’occasion. Il s’est tourné vers Béatrice et l’a appelée respectueusement : « Grand-mère ! » Béatrice l’a regardé, puis a posé les yeux sur moi. Des émotions contradictoires traversaient son regard. Elle n’a pas répondu. Je savais qu’elle tenait à moi. Je ne voulais pas la mettre dans une situation difficile, alors j’ai rompu le silence. « Bertrand, ton véritable objectif, c’est de faire entrer ton fils illégitime dans la famille pour qu’il hérite de la fortune des Delcourt, non ? Pourquoi mêler Pauline à ta petite combine minable ? »

Chapters (4)

第1章

Mon mari, Bertrand, avait trop peu de spermatozoïdes. Nous avions donc décidé de recourir à une FIV. Avant la fécondation, je l’avais surpris en train de remplacer mes ovocytes par ceux de son premier amour, Géraldine. Je n’avais rien dit. J’avais simplement fait remettre les miens. Et, tant que j’y étais, j’avais demandé au médecin de remplacer le sperme de Bertrand par celui de mon ex, Adrien. Vingt-cinq ans plus tard, Géraldine avait débarqué chez moi et s’était jetée sur ma fille en pleurant à chaudes larmes. « Je suis ta vraie mère ! » avait-elle sangloté. Ma fille, Pauline, et moi rentrions tout juste d’un déplacement professionnel à l’étranger dans le secteur médical. À peine avions-nous franchi la porte que nous nous sommes figées. Le salon était bondé. Des proches que nous n’avions pas vus depuis des années étaient tous réunis là. Le genre à ne sortir de leur trou que lorsqu’ils avaient besoin d’argent. À les voir, on aurait cru que quelqu’un était mort. Mais le spectacle le plus ridicule se trouvait au beau milieu du canapé : Géraldine pleurait avec force démonstrations. Bertrand, ce pitoyable mari qui ne rentrait presque jamais, la tenait dans ses bras et lui murmurait des mots doux pour la consoler. J’ai haussé un sourcil, poussé ma valise sur le côté et regardé Bertrand. « Qu’est-ce qu’on fête aujourd’hui ? Pourquoi tout le monde est là ? » Derrière moi, Pauline a croisé les bras. Le visage fermé, elle fixait Géraldine avec un profond dégoût. Elle se doutait déjà très bien de l’identité de cette femme. Ma belle-mère, Béatrice, occupait le fauteuil principal. Elle avait l’air tendue, comme si elle voulait parler, mais se retenait. Avant même que Bertrand ouvre la bouche, Géraldine a bondi du canapé et s’est précipitée sur Pauline, le visage ruisselant de larmes. « Je suis ta vraie mère ! » s’est-elle écriée. Pauline l’a esquivée sans effort. Elle a froncé les sourcils avec dégoût, comme si Géraldine n’était qu’une ordure. Elle a reculé d’un pas et déclaré froidement : « Ma mère s’appelle Angèle. » Ma fille faisait vraiment ma fierté. Je lui ai serré la main en lui adressant un regard rassurant. Puis j’ai levé la main et giflé Géraldine en plein visage. Le claquement a résonné dans le salon silencieux. « Surveille ce que tu dis », ai-je lancé d’une voix glaciale. Bertrand a bondi et s’est empressé de soutenir Géraldine. Il a pointé sur moi un doigt tremblant et rugi : « Angèle, tu es folle ? Comment oses-tu frapper Géraldine ! » Il a levé la main pour me menacer. Pauline a été plus rapide. Elle s’est interposée et lui a asséné une gifle avant même qu’il comprenne ce qui lui arrivait. « Ne t’avise pas de toucher à ma mère. » Elle n’avait pas haussé la voix, mais son autorité avait quelque chose de terrifiant. Bertrand est resté pétrifié, stupéfait et furieux. Puis il a levé la main sur Pauline. Géraldine lui a aussitôt agrippé le bras en versant des larmes de crocodile. « Bertrand, non ! C’est notre fille ! » Son numéro de « mère aimante » me donnait envie de vomir. Bertrand a baissé la main en fusillant Pauline du regard. « Sans ta vraie mère, je t’aurais donné une bonne leçon aujourd’hui ! » Pauline a laissé échapper un rire glacial. « Ah oui ? Vas-y, pour voir. » Ce regard acéré, cette combativité… C’était exactement moi, plus jeune. Une bouffée de fierté m’a envahie. C’était bien ma fille.

第2章

L’un des doyens de la famille s’est raclé la gorge pour tenter de ramener l’ordre. « Un peu de silence ! » a-t-il tonné. Le calme est progressivement revenu et tous les regards se sont tournés vers lui. Il a regardé Bertrand. « Bertrand, c’est toi qui as organisé cette réunion de famille. De quoi s’agit-il ? » Bertrand a pris une profonde inspiration pour se donner du courage. Il a passé un bras autour des épaules de Géraldine, jouant les amoureux dévoués. « J’ai une annonce importante à faire aujourd’hui. » Il a marqué une pause et balayé l’assemblée du regard avant de poser les yeux sur Pauline et moi. Je l’observais sans rien dire, curieuse de voir quel numéro il allait nous servir. « Pauline… n’est pas la fille biologique d’Angèle. » Il n’avait pas parlé fort, mais ses paroles ont fait l’effet d’une bombe dans le salon. Pauline s’est brusquement tournée vers moi, les yeux écarquillés. Je lui ai fait signe de rester calme. Les proches ont aussitôt commencé à chuchoter. On aurait dit un banc de piranhas flairant le sang. « Il y a vingt-cinq ans, quand nous avons eu recours à la FIV… » Bertrand s’est interrompu, comme si le sujet était douloureux. « Le médecin nous a dit que les ovocytes d’Angèle étaient de très mauvaise qualité. » « Pour lui épargner la douleur de ne jamais devenir mère, je les ai secrètement remplacés par ceux de Géraldine… » Quelle blague. Ce minable avait commis une fraude médicale et tentait maintenant de se faire passer pour un saint en me traînant dans la boue ! Bertrand m’a lancé un regard mauvais. Il attendait visiblement que je perde les pédales et me mette à hurler. Mais je suis restée parfaitement calme. Il n’a eu d’autre choix que de poursuivre son numéro. « Je vous ai tous réunis aujourd’hui pour que vous soyez témoins… » Il a plongé les yeux dans ceux de Géraldine. « … du moment où Pauline reconnaîtra enfin sa mère biologique. » Le salon s’est embrasé. « Si Pauline n’est pas la fille d’Angèle, elle doit reconnaître sa vraie mère ! » « Exactement ! Angèle ne pouvait même pas avoir d’enfant, mais elle s’accroche au nom des Delcourt depuis toutes ces années ! » « Ça fait des décennies qu’elle contrôle les actifs du groupe Delcourt. » « Maintenant qu’on connaît la vérité, elle devrait quitter le conseil d’administration sur-le-champ ! » Leurs bavardages ne m’inspiraient qu’un profond amusement. Au fil des années, j’avais écarté tous ces proches cupides de la direction du groupe. Ils devaient se contenter de leurs dividendes annuels, et ils me détestaient pour ça. À présent, ils jubilaient à l’idée de voir Bertrand me faire tomber. Ils n’auraient plus qu’à se jeter sur les morceaux de l’entreprise. Pauline a vu la cupidité dans leurs yeux et resserré sa main sur la mienne. J’ai pris la parole. « J’ai mis Pauline au monde. C’est ma fille, et elle le restera toujours. » Ma voix était basse, mais elle a imposé le silence. Géraldine a pris un air éploré et impuissant. « Tu comptes te voiler la face encore longtemps, Angèle ? »

第3章

Je ne me voilais pas la face. Pauline était bel et bien ma fille biologique. Bertrand et Géraldine croyaient-ils vraiment m’avoir dupée ? Vingt-cinq ans plus tôt, Bertrand avait trop peu de spermatozoïdes. Nous avions décidé de tenter une FIV. Avant la fécondation, je l’avais surpris avec une infirmière corrompue en train de manipuler les échantillons à l’endroit où étaient conservés mes ovocytes. Je l’avais même entendu appeler Géraldine, tout excité, pour lui annoncer que ses ovocytes avaient bien remplacé les miens. Je n’avais pas fait de scène. J’avais simplement donné un million d’euros au médecin, en toute discrétion, pour qu’il remette mes véritables ovocytes à leur place. Et, en guise de petit « cadeau », je lui avais demandé de remplacer le sperme de Bertrand par celui de mon ex, Adrien. Le jour de la fécondation, Bertrand et moi avions assisté ensemble au « miracle ». Il rayonnait de bonheur, persuadé que cet enfant serait le sien et celui de Géraldine. Je me souvenais encore de son sourire idiot. Intérieurement, j’en riais à m’en étouffer. Pendant vingt-cinq ans, je l’avais regardé couvrir Pauline d’attentions, tel un clown persuadé d’élever l’enfant rêvé avec sa maîtresse. Je ne m’étais jamais autant divertie. Bertrand m’a arrachée à mes souvenirs avec un rictus méprisant. « Tu peux nier autant que tu veux, Angèle. Pauline est peut-être sortie de ton ventre, mais ce n’étaient pas tes ovocytes ! » « Sa mère biologique, c’est Géraldine. » J’ai répondu d’un ton neutre : « Tu rêves ou quoi ? » « Si tu ne me crois pas, on peut faire un test ADN tout de suite ! » a-t-il rétorqué. « Et je divorce ! » « On m’a forcé à t’épouser. J’ai passé vingt-cinq ans avec toi, j’en ai fait bien assez pour toi ! » Une joie éclatante a traversé son visage à l’annonce du divorce. Il attendait ce moment depuis très longtemps. Il en avait fait « bien assez » pour moi ? J’avais été mariée à cet homme pendant vingt-cinq ans, et pendant vingt-cinq ans, j’avais vécu comme une veuve. Pendant que j’élevais seule notre enfant, il passait des nuits romantiques avec Géraldine. Pendant que je m’épuisais à maintenir le groupe Delcourt à flot, il dilapidait l’argent de la famille en boîte de nuit. Mais il se trompait sur un point. Je ne l’avais épousé que pour porter le nom des Delcourt et prendre les commandes de leur empire. Désormais, le groupe était entièrement sous mon contrôle. Bertrand ne m’était officiellement plus d’aucune utilité. « Va pour le divorce », ai-je répondu en haussant les épaules. « Mais le test ADN est inutile. Je suis certaine à cent pour cent que Pauline est ma fille. » Pauline m’a regardée avec assurance. « Je te crois, maman. » Bertrand et Géraldine ont paniqué. « Pauline, tu ne crois pas ton propre père ? » Elle l’a ignoré et est restée tout contre moi. À cet instant, un jeune homme qui devait avoir l’âge d’un étudiant a fait irruption par la porte d’entrée. Il a foncé droit vers Pauline et s’est écrié avec enthousiasme : « Pauline ! » Tout le monde s’est figé.

第4章

En voyant la ressemblance frappante du garçon avec Géraldine, j’ai immédiatement compris qui il était. Ce ne pouvait être que le fils caché de Bertrand et de sa maîtresse. Ils l’avaient bien dissimulé. Pendant plus de vingt ans, je n’avais jamais soupçonné son existence. Ce spectacle devenait encore plus intéressant que prévu. Depuis son fauteuil, Béatrice a posé sur lui un regard froid et autoritaire. « Bertrand, qu’est-ce que ça signifie ? » L’atmosphère est devenue glaciale. Le garçon avait les yeux rouges. Il semblait sur le point de pleurer. « Pauline, je m’appelle Maxime. Je… J’ai toujours su que tu existais. » Il bégayait légèrement, la voix tremblante. Il m’a jeté un regard craintif avant de baisser aussitôt les yeux, comme si je le terrifiais. « Ma mère… elle me parlait tout le temps de toi. Elle disait que tu étais si intelligente, si belle… » Comme à un signal, Géraldine s’est mise à sangloter dans son mouchoir. « Pauline, tu m’as tellement manqué pendant toutes ces années… » Elle a relevé ses yeux pleins de larmes, parfaite dans son rôle de victime. « À Maxime aussi… tu lui as manqué. On venait parfois t’observer de loin, juste pour t’apercevoir… » Maxime a vivement hoché la tête, pressé de confirmer. « C’est vrai ! Pauline, j’ai même changé d’université pour te rejoindre, juste pour… pour me rapprocher de toi… » Il a sorti de sa poche une épaisse liasse de photos qu’il a tendue à Pauline. « Ce sont des photos de toi. Je… Je les ai prises en cachette… » Pauline les a prises et les a parcourues. Sur certaines, elle portait sa toge de remise des diplômes et riait avec ses amis. Sur d’autres, elle avait l’air épuisée après un cours de danse. On la voyait aussi débattre avec passion dans un amphithéâtre. Pauline en a eu la chair de poule. Comprendre qu’un voyeur l’observait et la photographiait depuis des années lui donnait la nausée. Bertrand n’a pas perdu une seconde. Il s’est placé devant Béatrice et a désigné Maxime. « Maman, voilà un véritable petit-fils Delcourt ! » « Devant toute la famille réunie aujourd’hui, je t’en prie… accepte-le parmi nous ! » Bertrand se croyait malin. Il savait que depuis la mort de son père, c’était Béatrice qui détenait le véritable pouvoir au sein de la famille. En invitant tous les proches, il cherchait à lui forcer la main. Il était persuadé que si Béatrice acceptait Maxime, je ne pourrais rien y redire. Après tout, pendant vingt-cinq ans, il m’avait vue traiter sa mère avec un respect et une docilité sans faille. Maxime a aussitôt saisi l’occasion. Il s’est tourné vers Béatrice et l’a appelée respectueusement : « Grand-mère ! » Béatrice l’a regardé, puis a posé les yeux sur moi. Des émotions contradictoires traversaient son regard. Elle n’a pas répondu. Je savais qu’elle tenait à moi. Je ne voulais pas la mettre dans une situation difficile, alors j’ai rompu le silence. « Bertrand, ton véritable objectif, c’est de faire entrer ton fils illégitime dans la famille pour qu’il hérite de la fortune des Delcourt, non ? Pourquoi mêler Pauline à ta petite combine minable ? »